Collection « Petites Journées de Patristique »
samedi 20 mars 2021

Saint Martin et l’Évangélisation des campagnes de l’Ouest de la Gaule (2009)

Évangéliser, ou faire naître des communautés chrétiennes dans des cultures qui n’ont jamais entendu parler du Christ, en témoignant d’une croyance différente au milieu d’autres systèmes de valeurs ou de croyances…

Telle fut l’expérience de Martin au IVe siècle. Martin de Pannonie : un ancien soldat, fondateur de la première communauté monastique d’Occident à l’instigation de l’évêque Hilaire de Poitiers, et que, bientôt, les chrétiens de Tours réclameront comme pasteur.

Or Martin était illettré, venait d’une région reculée et lointaine de l’empire romain, ne parlait pas le gaulois des paysans de l’Ouest. Et pourtant en quelques années - de 371 à 397 -, il va devenir l’Apôtre des Gaules selon l’expression de son biographe Sulpice Sévère, ce que rappellent encore aujourd’hui les 220 villes ou villages de France placés sous son patronage. C’est à cette figure apostolique paradoxale et à sa « stratégie missionnaire » que s’est attachée cette première Petite Journée de Patristique qui s’est tenue à Saintes le 21 mars 2009 à travers six communications arpentant le champ des études propres à l’Antiquité tardive (archéologie, histoire, prosopographie, patristique, littérature et spiritualité).

ISBN : 978-2-9534283-0-8

Prix : 16 €

Ambroise de Milan et les défis du Politique (2010)

Comment « Rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » dans une société devenue tout récemment chrétienne par volonté de l’empereur ? Tel fut le « challenge » qu’Ambroise de Milan, ancien très haut fonctionnaire, dut relever en affirmant conjointement la nécessité de la présence chrétienne dans la sphère du politique et la liberté inaliénable de l’Église face à l’État. A une époque où le pouvoir n’hésite pas à déposer et exiler les évêques qui manifestaient quelques velléités d’indépendance, Ambroise puise dans la Parole de Dieu, la prière et la liturgie un courage et une autorité qui en remontreront tant aux empereurs qu’au Sénat romain. A l’origine d’une tradition qui maintiendra dans une saine tension l’Église et l’Empire, l’évêque de Milan bénéficia par ailleurs d’alliés bien imprévus en la personne des martyrs et n’hésita pas à innover, organisant les premiers « sittings » connus de notre histoire.

Une invitation pour nous à réfléchir à la place du citoyen et du croyant dans une société occidentale qui ne se reconnaît plus forcément chrétienne mais où les valeurs défendues par Ambroise de Milan contribuèrent à façonner sur le long terme une relation originale entre État et Église.

ISBN : 978-2-9534283-2-2

Prix : 16 €

Hilaire de Poitiers et la passion de la Communion (2011)

Pionnier de la théologie d’expression latine, il continue de nous enseigner à travers ses textes et ses combats. Passionné du mystère de Dieu et de sa transmission, il vivait, disait-il, l’épreuve du langage confronté à la nécessité de formuler la foi tout en gardant une vive conscience des limites de nos simples mots face au mystère de Dieu.

Cette quête de cohérence et d’intelligibilité ne cessera d’éclairer sa recherche de vérité au long cours. Baptisé à l’âge adulte, puis choisi comme évêque par les clercs et les laïcs de sa ville, il fut intimement mêlé à la lutte contre l’arianisme. Payant le prix fort pour son engagement, il n’eut d’autre objectif, d’autre combat que d’affirmer la réciprocité entre vérité et communion au sein de l’expérience chrétienne. Artisan du rétablissement de l’orthodoxie en Gaule (on l’appellera « l’Athanase de l’Occident »), reconnu déjà comme « docteur de l’Église » par Augustin, sa théologie trinitaire, nourrie par l’Écriture, s’enrichira, pendant ses années d’exil, de sa découverte des sources grecques. Pour notre plus grand profit.

ISBN : 978-2-9534283-3-9

Prix : 17 €

Paulin de Nole et l’Amitié chrétienne (2012)

Évêque d’une petite ville de Campanie (Italie), Paulin de Nole vit et propose l’amitié comme un chemin spirituel. Ainsi le rappelle Benoît XVI : « Les écrits de Paulin insistent sur le sens de l’Eglise comme mystère d’unité et de communion qu’il vivait principalement dans une pratique aiguë de l’amitié spirituelle. On est impressionné de voir avec quelle chaleur ce saint évêque chantait l’amitié comme manifestation du corps du Christ animé par l’Esprit ».

Ce fut pour lui une réelle mission que de tisser inlassablement un vaste réseau d’amitiés qui réunira tout autour de la Méditerranée des hommes et des femmes, chrétiens engagés comme lui, alors même qu’ils défendaient des visages différents du christianisme. De son Aquitaine natale, où il fut peut-être en contact avec les idées de Priscillien d’Avila, aux monastères de Bethléem où il sollicite Jérôme l’exégète, de Pélage l’hérétique au grand Augustin d’Hippone, Paulin consacra beaucoup de son temps et de ses forces à faire croître la communion au nom de l’amitié, même si, pour cela, il dut au début de sa propre aventure spirituelle rompre avec son vieux maître et ami, le rhéteur Ausone de Bordeaux, et avec un monde peut-être déjà trop ancien pour accueillir la nouveauté chrétienne.

ISBN : 978-2-9534283-5-3

Prix : 17 €

Vigilance de Calagurris ou le cauchemar de saint Jérôme (2013)

En fait de cauchemar, c’est plutôt de nuit blanche dont il faudrait parler. Qui est ce Vigilance, originaire de la région toulousaine, qui s’interroge sur la légitimité du culte des reliques, le célibat des prêtres et les honneurs excessifs – selon lui - accordés aux moines ? Ayant appris cela de la bouche de pèlerins aquitains venus jusqu’à son monastère de Bethléem l’été 406, Jérôme en perd le sommeil et passe la nuit suivante à rédiger une réponse cinglante qui devait river son clou définitivement à cet impudent contestataire.

Vigilance de Calagurris méritait-il tant d’honneur ? Pourquoi Jérôme s’est-il cru obligé de pilonner son malheureux adversaire à coups de sarcasmes rageurs et d’invectives peu amènes jusqu’à en ensevelir la mémoire ? Quel danger mortel représentait Vigilance à ses yeux ? Et, si loin d’être un cas isolé, le prêtre toulousain avait été le porte-parole officieux d’une large part de l’épiscopat gaulois, de ces évêques « qui ne confèrent le sacrement de l’ordre à personne s’ils ne voient sa femme enceinte ou portant des marmots entre ses bras » (aux dires de Jérôme) et qui ne sont pas sans sourciller vis-à-vis des réformes qu’impulsent alors tant les moines d’Orient que l’évêque de Rome ? L’âpreté des débats poursuivis aux alentours du tournant du Ve siècle nous alerte encore sur le caractère pluriel et ouvert du christianisme de l’Antiquité tardive. C’est sur ce « christianisme en recherche » qui s’interroge sur la communion des saints, le mérite des moines, la valeur du célibat que s’est penchée cette nouvelle Petite Journée de Patristique.

ISBN : 978-2-9534283-6-0

Prix : 18 €

Origène d’Alexandrie ou la mémoire occultée (2014)

Origène d’Alexandrie fut le premier. Le premier à proposer une théologie systématique de la Révélation chrétienne. Le premier à oser penser ensemble le salut biblique et la quête de vérité qui animait les grands courants philosophiques de son temps. Le premier à avoir rédigé un traité de vie spirituelle.

Héritier des toutes premières communautés chrétiennes d’Égypte et fils de martyr, « il fut réellement l’une des personnalités les plus déterminantes pour tout le développement de la pensée chrétienne » (Benoît XVI), proposant une vision à la fois fondamentale et globale de la vie chrétienne. C’est peu dire que la pensée patristique ultérieure dépendra radicalement de son désir de mieux approcher Dieu et de creuser sans relâche, pour lui-même et pour les autres, l’insondabilité du mystère divin. Comme l’écrira un peu plus tard l’un de ses épigones, Eusèbe de Césarée : « Il enseigna que la conduite doit correspondre exactement à la parole, et ce fut surtout pour cela que, aidé par la grâce de Dieu, il poussa un grand nombre de personnes à l’imiter ».

Théologien hors-pair, maître spirituel, commentateur inlassable des Écritures, imitateur des martyrs, il ne nous reste pratiquement rien de son œuvre colossale - plus de 320 livres et de 310 homélies -, soit l’une des plus importantes de l’Antiquité avec celle d’Augustin. Pourquoi un tel naufrage ? Que pouvait donc présenter de si redoutable cette théologie mystique pour que par deux fois, à la fin du IVe, puis au VIe siècle, on en vint à condamner cette pensée de feu, jusqu’à ordonner rageusement que soient brûlées toutes les œuvres du Maître alexandrin ? Et si Origène avait été condamné pour des fautes qu’il ne pouvait pas avoir commises ayant vécu bien avant les grands conciles œcuméniques des IVe et Ve siècles ?

ISBN : 978-2_9543283-8-4

Prix : 18 €

Jean Chrysostome, un évêque hors-contrôle (2015)

PJP 2015

Étrange ironie de l’histoire, celui qui avait été le chantre de la grandeur incommensurable du sacerdoce et de la liberté de l’Église fut enlevé en décembre 397 pour être conduit à Constantinople, la capitale de l’Empire, et là, y être consacré évêque de la Seconde Rome. L’ordination du prêtre Jean d’Antioche était tout à fait contraire aux règles canoniques de l’Église. En fait et place d’une élection qui aurait placé Jean à la tête de l’Église de Constantinople de façon légitime, il ne devait sa nomination qu’aux manœuvres de l’eunuque Eutrope, le favori du jeune empereur Arcadius. * Et pourtant à Constantinople, Jean ne renonça à rien. Prédicateur infatigable de la Parole de Dieu, il osait croire que tous, nobles et humbles, pouvaient vivre l’idéal de l’Évangile, rappelant aux uns et aux autres leurs devoirs et la grandeur de leur vocation. Et la parole n’étant rien sans l’exemple, il n’hésita pas à vendre les biens considérables de son Église pour nourrir les foules de miséreux attirés par la création de la nouvelle capitale. Ce qui lui valut l’animosité des puissants qui n’entendaient pas voir ainsi disparaître les signes de leur ostentatoire piété. Il était sans concession pour ces nobles qui fréquentent la Cour très-chrétienne : « Qui êtes-vous, vous qui adorez le Christ dans les ors de l’autel et le méprisez dans les haillons du pauvre ? »

Et cette même liberté de parole lui servira pour stigmatiser les évêques qui achètent leur charge ou les ascètes qui passent plus de temps dans les maisons des riches patriciennes que dans leur monastère. Une telle liberté de paroles et d’actions avait un prix que Jean ne tarda pas à connaître.

ISBN : 078-2-9534283-9-1

Prix : 18 €

Saint Grégoire l’Illuminateur, aux commencements de l’Église d’Arménie (2016)

Avant même la conversion de l’empire gréco-romain au christianisme, le roi arménien Tiridate fit le choix du Christ pour son peuple sous la houlette de cette figure tout aussi charismatique qu’énigmatique de Grégoire Loussavoritch, « l’Illuminateur ». Alors que ce dernier se dresse aux confins de l’histoire et de la légende, le baptême du roi d’Arménie et de sa noblesse eut bien lieu à l’orée du IVe siècle même si les historiens débattent encore de la date précise : 301, 311 ou 314 ? C’est ainsi que dans la mémoire collective du peuple arménien, la silhouette du prisonnier de la fosse de Khor Virap devient de plus en plus prégnante et significative : Grégoire devient le porteur de lumière.

Le voilà franchissant les cols escarpés d’Arménie, renversant les temples des vieilles divinités, les remplaçant par des Églises dédiées au Dieu de Jésus-Christ, créant de toutes pièces un clergé chrétien issu de l’ancienne caste sacerdotale polythéiste avant de faire le choix de se retirer pour le restant de ses jours dans une grotte obscure. A ses côtés, le roi Tiridate, devant traiter tant avec les populations paysannes toujours très attachées au culte des génies des démons qu’avec une aristocratie tentée par la pure religion du feu des Perses mazdéens, n’aurait-il fait le choix du christianisme que par calcul politique, pour renforcer son propre pouvoir et la cohésion de son Royaume ? Mais l’empereur romain qui l’avait placé sur le trône de ses pères en 298 n’était autre que Dioclétien, le persécuteur par excellence des chrétiens…

C’est à la découverte de ces origines passionnantes et complexes de l’Église arménienne ainsi qu’à son inscription tenace dans l’histoire et la mémoire des hommes que nous convient les Actes de cette Petite Journée de Patristique consacrée à Grégoire l’Illuminateur. Passionnantes… c’est-à-dire placées sous le signe de la Croix et de l’épreuve tout autant que dans la lumière d’une espérance plus forte que la mort.

ISBN : 979-10-95732-01-3

Prix : 15 €

Grégoire de Nazianze, le passeur de mondes (2017)

Grégoire de Nazianze est probablement avec Augustin celui des Pères que nous connaissons le mieux « de l’intérieur ». Car, s’il ne nous a pas laissé à proprement parler de « Confessions » comme Augustin, l’homme et le spirituel sont bien là, tout entiers, dans sa correspondance, l’une des plus importantes que nous ait léguée l’Antiquité, tout comme dans ses poèmes autobiographiques ou moraux.

Derrière le verbe ciselé et l’expression hautement maîtrisée, nous rencontrons un homme profondément humain, laissant court à l’expression de sentiments très personnels comme la déception ou la désillusion quant à la vérité de l’amitié, la profondeur du combat théologique ou même les ambitions de certains prélats qu’il n’hésite pas à traiter « d’épiciers de la foi » ou de « faussaires d’impôts »… Ne nous y trompons pas. Ce mal d’insatisfaction qui le fit par deux fois renoncer à un siège épiscopal (d’abord d’une toute petite bourgade de Cappadoce, Sasimes, où il n’est jamais allé, puis du prestigieux siège de Constantinople en 381) n’est que la trace en creux de quelque chose de bien plus fort, comme de cet absolu de sa passion pour le Verbe divin.

Prêtre du Logos, Grégoire se sentira parfois dépassé, incapable de guider ses frères dans la contemplation de ce Mystère si ancien et si nouveau même si sa prédication à la veille du concile de Constantinople en 381 s’avéra décisive pour le triomphe de l’orthodoxie et lui vaudra la fière épithète de « Grégoire le Théologien »… Ce sera alors le temps de la retraite et du silence mais pour une fécondité dont nous vivons encore, l’enfantement de la culture antique au Christ-Logos. C’est à la rencontre de cette prodigieuse et déconcertante personnalité que nous a conviés cette Petite Journée de Patristique consacrée à Grégoire de Nazianze.

ISBN : 979-10-95732-02-0

Prix : 16 €

Égérie, une femme au pays des Pères (2018)

Égérie nous a légué le texte le plus long et le plus ancien que nous conservions écrit de la main d’une femme. Il s’agit de la relation d’un voyage qu’elle rédigea à l’intention de ses sœurs résidant en Occident (Espagne du nord ou Aquitaine), un voyage qu’elle effectua au début des années 380 en quête des lieux saints du christianisme, de l’Égypte à la Mésopotamie, du Sinaï à Jérusalem car Égérie est chrétienne.

Témoin des tout-débuts de ce phénomène extraordinaire que va devenir le pèlerinage en Terre Sainte, elle s’informe de tout : des diverses formes de liturgie, de l’origine des lieux vénérés, de la vie des moines et autres ascètes qui semblent maintenant présents un peu partout là où se rend Égérie. Écrivant dans un latin parlé tout en faisant montre d’une réelle culture classique, Égérie nous offre un extraordinaire instantané sur la vie des communautés chrétiennes du Proche-Orient au début du règne de l’empereur Théodose Ier à qui elle est peut-être apparentée, nouant des amitiés avec les uns, se faisant accompagner par les autres, toujours enthousiaste, toujours aussi passionnée.

Sous sa plume alerte revivent pour nous les grandes liturgies stationnales de la Ville Sainte conçues et mises en place par Cyrille de Jérusalem, les impressionnantes basiliques saintes de Jérusalem élevées sur l’ordre de l’empereur Constantin et de sa mère Hélène, les conditions inconfortables du pèlerinage dans le Sinaï quand rôdent les Saracènes, le retour des évêques orthodoxes exilés un peu plus tôt par l’arien Valens…

C’est à la découverte de cette figure attachante et incroyablement infatigable que vous invitent les Actes de cette dixième Petite Journée de Patristique, en vous souhaitant la même curiosité et le même intérêt que manifestaient ses compagnes restées en Extrême-Occident à l’égard des dernières nouvelles en provenance du pays des Pères.

ISBN : 979-10-95732-03-7

Prix : 16 €

Césaire d’Arles, évêque d’hier et d’aujourd’hui ? (2019)

Césaire d’Arles est né en 470 en Bourgogne et, dès l’âge de 20 ans, il est moine à Lérins. A 26 ans, pour des raisons de santé, il se retrouve à Arles où il est chargé, entre autres, de mettre de l’ordre dans un monastère de la périphérie d’Arles, ville que l’on a appelée « la petite Rome » pendant plusieurs décennies. Moine avant tout, c’est un lecteur attentif de la Bible et de Saint Augustin dont il connaît par cœur des textes et des sermons qu’il maîtrise parfaitement.

Elu évêque en 502, il a pris sa tâche à bras le corps avec une excessive modestie et une très grande humilité. Petit à petit, par sa participation active dans plusieurs conciles, il remettra de l’ordre dans les évêchés proches, mais aussi dans ceux des territoires burgondes, wisigoths, ostrogoths et francs. A l’occasion de conciles régionaux, il intervient de façon définitive dans le débat théologique sur la Grâce.

Mort en 542, il laisse une œuvre considérable, comparable à celle de Saint Augustin, ses thèmes de réflexion étant repris depuis le Concile de Trente jusqu’au Pape François qui le cite dans sa dernière encyclique. Nous nous proposons lors de cette Petite Journée Patristique de présenter plusieurs de ces thèmes avec des chercheurs qui ont exploré l’œuvre et la vie de Césaire. Coédition Parole et Silence-Caritaspatrum

ISBN : 978-2-88959-143-5

Prix : 13 €