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Accueil du siteCHRISTIANISATION DE L’AQUITAINEEutrope de Saintes
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mardi 15 septembre 2020
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VIENT DE PARAITRE
mardi 15 septembre

Bernadette CABOURET

LA SOCIETE DE L’EMPIRE ROMAIN D’ORIENT : IVe-VIe SIECLE

On peut choisir d’étudier l’Empire romain par le biais des événements généraux et des vicissitudes militaires ou politiques, on peut faire l’histoire des grands hommes en suivant des sources antiques qui les ont privilégiés. Mais on peut aussi s’intéresser aux composantes anonymes de la société qui a incarné cette histoire. Les femmes et les hommes qui ont peuplé villes et campagnes de l’Orient romain sont ici présentés en une période particulière, celle de l’Antiquité tardive. Pourquoi l’Antiquité tardive ? C’est une époque de bouleversements et de profonds remaniements : le gouvernement impérial devient un dominat, l’Etat impose des contraintes qui sont vivement ressenties et l’économie se transforme, la séparation est consommée entre l’Orient et l’Occident et le christianisme modifie les comportements, les pensées, bref paraît irriguer et informer la société.

Éditeur : Presses Universitaires Rennes

ISBN : 978-2753579835

 
Des traces aux lettres
jeudi 25 juin 2015
par Pascal G. DELAGE
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L’identité aquitaniate d’Eutrope est assurée. Sa chronologie bien précisée à la fin du IVe et au début du Ve siècle. Mais qu’est-ce qui nous permet en dehors de l’homonymie et de la synchronie d’identifier le prêtre aquitain Eutrope et le premier évêque de Saintes ? C’est alors que nous devons nous tourner vers le troisième homme, un troisième Eutrope ! Gégoire de Tours, encore lui, garde le souvenir d’un abbé Martin, dont on disait qu’il était le disciple de Martin de Tours et qui fonda un monastère dans un faubourg de Saintes à la fin du IVe siècle (In Gloria Confessorum, 56). Ce monastère devait s’élever à l’emplacement de l’église Saint-Pallais et le saint abbé est toujours fêté le 7 décembre dans l’ordo de l’Eglise de Charente Maritime. Or ce même jour était également célébrée la mémoire d’un abbé Eutrope, son premier successeur, dont le Bréviaire saintongeais (J. Depoin, Histoire des évêques de Saintes, 1922, p. 168) confesse qu’il ne sait pas grand chose de lui si ce n’est qu’il eut de nombreux disciples. Cela fait beaucoup d’Eutrope à Saintes en ce début de Ve siècle alors qu’il s’agit d’un nom plutôt rare ! Il est plus probable que l’abbé Eutrope est un proche de Martin de Tours, envoyé par lui ou le métropolitain de Bordeaux à la fin du IVe siècle dans une cité encore peu ouverte au christianisme.

Le dédoublement des Martin et des Eutrope s’opéra quand au VIe siècle Palladius et Grégoire de Tours s’attachèrent à vieillir le premier pasteur de Saintes de trois siècles. Ajoutons pour faire bonne mesure qu’on avait à l’office propre du Bréviaire de Saintes au XIIIe siècle des textes que l’abbé Grasilier commentait ainsi au XIXe siècle : « Le latin de la plupart d’entre eux est d’une élégance un peu recherchée ; dans le cloître Saint-Pierre… on ne se contentait pas de conserver les monuments de la culture antique, mais on la cultivait aussi ». Et il cite, pour illustrer son propos, la notice concernant la Circoncision du Seigneur : « Les leçons des matines font allusion aux folies carnavalesques avec lesquelles, par un reste de paganisme, on célébrait encore les calendes de janvier. L’éloquence de ces leçons est remarquable : elles s’adressent aux Juifs et aux Gentils pour leur prouver la divinité de Jésus-Christ et sa mission . Après avoir montré par des passages des Saintes Ecritures que les Gentils ont cru à ce dogme, l’orateur cite comme preuve de cette croyance le vers de Virgile, dans ses églogues ». Nous avons là un écho direct de la lettre De vera circumcisione avec le rappel de la « manière eutropienne » qui s’adressait tant aux païens qu’aux Juifs, citant les auteurs classiques tout en fondant son raisonnement sur l’Ecriture. La mémoire de l’enseignement d’Eutrope avait donc était préservée malgré la recomposition des origines de l’Eglise santone.