Salvien de Marseille
Du gouvernement de Dieu
samedi 10 mai 2008
par Pascal G. DELAGE

Quel est celui qui prête secours aux opprimés et à ceux qui souffrent, alors que les prêtres du Seigneur n’osent même pas résister à la violence des méchants ? Un très grand nombre d’entre eux gardent le silence, ou semblent le garder même quand ils parlent, et beaucoup, non par manque de fermeté mais à dessein et avec raison, pensent-ils.

Ils ne veulent pas proclamer la vérité au grand jour, parce que les oreilles des méchants ne peuvent la supporter, parce que les hommes non contents de la fuit ont encore pour elle de la haine et de l’exécration, parce que les hommes ne la respectent pas et ne la craignent pas après l’avoir entendue, mais la dédaignent dans la révolte de leur entêtement orgueilleux…

Pendant ce temps les pauvres sont ruinés, les veuves gémissent, les orphelins sont foulés aux pieds : si bien que la plupart d’entre eux, issus de familles connues, et éduqués comme des personnes libres, fuient chez les ennemis pour ne pas périr sous les coups de la persécution publique. Ils vont chercher sans doute chez les Barbares l’humanité des Romains, parce qu’ils ne peuvent plus supporter parmi les Romains l’inhumanité des Barbares !

Salvien de Marseille, Du gouvernement de Dieu, 5, 19-21.