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Accueil du siteCHRISTIANISATION DE L’AQUITAINEAu Ve et VIe siècle en Aquitaine.
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lundi 30 novembre 2020
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Brèves
VIENT DE PARAITRE
dimanche 15 novembre

Catherine SALIOU

DE POMPEE A MUHAMMAD, Ier S. av. J.-C. - VIIe S. apr. J.-C

Que savons-nous du lointain passé du Proche-Orient, qui occupe aujourd’hui, de façon presque permanente, le devant de la scène médiatique ? Du Ier siècle av. J.-C. au VIIe siècle apr. J.-C., ce « croissant fertile » enserrant des régions arides entre la Méditerranée et les eaux de l’Euphrate fut à sa façon un centre du monde. Il mit en relation l’Empire romain, dont il faisait partie, avec l’Arabie Heureuse, la Perse, l’Inde et la Chine, et par lequel transitaient l’encens, la myrrhe, le poivre, les perles et la soie. Pourtant, vu de Rome, puis de Constantinople, cet ensemble territorial pouvait sembler marginal et, de fait, il constituait une frontière. Ce volume déplace donc le regard du centre vers la périphérie ou, plus exactement, il place cette périphérie au cœur de l’enquête. Catherine Saliou présente un Proche-Orient inscrit dans la longue durée, de la création de la province romaine de Syrie à la conquête islamique. Dans une perspective géohistorique, elle retrace l’évolution politique, culturelle et économique de ce vaste territoire, étudie ses rapports avec les autres régions du monde antique et restitue, au plus près des modes de vie saisis au quotidien, les pratiques et les acteurs d’une histoire foisonnante

Éditeur : Belin

EAN : 978-2701192864

 
L’Aquitaine à l’heure des peuples germaniques.
dimanche 20 novembre 2016
par Pascal G. DELAGE
popularité : 5%

Les laïcs en première ligne.

Certes les Wisigoths sont ariens, certes ils sont encombrants, mais aux yeux des grandes familles aristocratiques qui n’ont pas fui, ils sont officiellement les alliés de Rome depuis 439 et ils manifesteront leur loyauté au pouvoir romain en se battant contre les Huns au côté du patrice Aetius lors de la grande bataille des Camps catalauniques en 451. Et tout au long du Ve siècle, nous voyons se multiplier les ralliements des nobles gallo-romains au pouvoir de Toulouse. Nous connaissons ainsi un dux Namatius qui, vers 469, surveille pour eux le littoral à partir de l’île d’Oléron [1], le iudex Potentinus ou encore le comes Victorius qui est l’un des principaux lieutenants d’Euric II. Or ce dernier construisit en Auvergne non seulement une grande basilique sur la tombe du martyr Julien à Brioude en 475/480 [2] mais aussi plusieurs cripta à Clermont ainsi qu’une église dédiée à saint Laurent et à saint Germain [3]. Victorius était très probablement possessionné également en Saintonge où une matrona, Victorina (sa fille ?), fonde une église dédiée au même saint dans sa villa de … Saint-Julien de l’Escap [4]. Or au témoignage même de Sidoine Apollinaire, ce grand seigneur est un bon catholique.

Ces aristocrates d’Aquitaine continuent d’ailleurs à mener grand train dans leur villa semblable à celle de Leontius à Bourg-sur-Gironde et dont Sidoine Apollinaire nous a laissé une plaisante description [5]. La lecture de la lettre que Sidoine adresse en 463 à un noble de Bazas nommé Trygetius pour l’inciter à le rejoindre dans la villa de Bourg, nous laisse entrevoir les mêmes pratiques d’urbanité qu’au temps d’Ausone un siècle plus tôt, un rien précieuses, un rien artificielles : Viens pour te régaler ou pour régaler les autres, ou ce qui serait le plus plaisant, pour faire les deux ; viens avec des provisions de ta province de l’intérieur soumettre et subjuguer ces fins gourmets habitués aux produits du Médoc. Qu’ici le poisson de l’Adour défie les mulets de la Garonne ; qu’ici une foule de crabes à bon marché s’efface devant les langoustes de Bayonne [6]. La correspondance de Sidoine Apollinaire ou encore celle de Ruricius, dominus de Gourdon (Lot), nous laisse entrevoir tout un monde de lettrés qui continuent à exercer des fonctions de rhéteurs comme Lupus d’Agen, Lampridius de Bordeaux ou encore Hesperius de Clermont [7]. Il est d’ailleurs à noter chez ces nobles lettrés ce souci récurrent, pour ne pas dire l’obsession, d’avoir à transmettre la culture d’un monde qui est en train de passer, ce qui se traduit en particulier par le soin jaloux avec lequel ils veillent sur l’état de leur bibliothèque et à l’établissement de manuscrits fiables.

 

[1] cf. Sidoine Apollinaire, Ep. 8, 6

[2] cf. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, 2, 20

[3] Saint-Germain-Lambron, ibid, 2, 20

[4] cf. Grégoire de Tours, Des miracles de saint Julien, 47

[5] Carmen 22

[6] Ep. 8, 12

[7] cf. Sidoine, Ep. 8, 11 ; Ruricius, Ep 1, 3-5 ; 1, 10