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Accueil du siteCOLLOQUES DE PATRISTIQUE DE LA ROCHELLELes Pères de l’Eglise et les ministères
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jeudi 25 février 2021
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Des temps apostoliques à Cyprien de Carthage
dimanche 17 août 2008
par Bruno MARTIN
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Les commencements.

Pour autant qu’on puise la cerner au sein des incertitudes de la rédaction et de la datation des textes du Nouveau Testament, en particulier des Actes des Apôtres, la première période se caractérise par une multiplicité des titres : les Douze, les Sept, les Apôtres, ceux qui président… ; « apôtres, prophètes et docteurs » en I Co. 12, 28, « apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs » en Eph. 4,11. A chaque titre ne correspond pas forcément une fonction précise ; mais on peut cependant distinguer avec le maximum de vraisemblance deux sortes de titres : des titres « fondateurs et missionnaires » et des titres « locaux ». Les « Sept » de Actes 6, 3 sont tout comme les Douze un titre fondateur – auprès des juifs de langue grecque ; par la suite on fera sur eux une rétroprojection des caractéristiques postérieures du ministère diaconal ; en tant que groupe spécifique de fondateurs d’Eglise, le groupe des Sept disparaîtra avec ses membres, tout comme les Douze. Diakonos n’apparaît pas comme titre appliqué à un individu ; la diakonia est d’abord le qualificatif d’une attitude morale spécifique du disciple, à l’imitation du Fils de l’Homme qui s’est fait « le serviteur de tous », Mc 9, 35. Le terme désigne les œuvres accomplies par ceux qui se mettent au service des saints (I Co 16,15), parmi lesquels des femmes, telle Phoébée à Cenchrées (Rm 16,2). A la suite d’Etienne et de Jacques, la notion de diakonia s’applique par excellence à ceux qui meurent à l’imitation de Jésus, dans l’attente imminente de sa venue : « Je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’Homme debout à la droite de Dieu » (Ac 7, 56).

Aux ministères/charismes de fondation correspondent sans doute également des fonctions locales, restreintes aux besoins au jour le jour de communautés tournées pour l’essentiel vers l’imminence de la parousie (cf. les épitres aux Thessaloniciens). Il n’est pas étonnant que ces communautés, dont la séparation avec le judaïsme n’est pas encore totalement tranchée, aient utilisé l’institution synagogale des anciens, presbuteroi. (Ac 11,30 ; 14, 23 ; 15, 2 et ss. ; 20, 17 ; 21, 18 etc…) Comme pour le titre de diacre, il faut bien se garder de projeter sur ces premiers presbytres les développements postérieurs ; on ne peut que constater l’existence du terme, à Jérusalem autour de Jacques (Ac 21,18), ou à Ephèse (Ac 20,17). On peut constater a contrario l’absence d’emploi du terme de chefs, arconthes, pour désigner les responsables des communautés chrétiennes, alors qu’il est fréquent dans l’épigraphie pour désigner les responsables des synagogues (cf. Ac 4, 8 : « chefs du peuple et anciens » …)