Humeur volatile
lundi 30 mai 2011
par Annie WELLENS

Ambiance ou tendance, quand tu nous tiens… tu nous tiens bien, au point de contaminer l’éditorial d’un édile du Golfe des Pictons dans son bulletin municipal. Il n’hésite pas à écrire : L’année ne commence pas sous de bons hospices (c’est la lectrice que je suis qui souligne).

Certes, le vieillissement des administrés, le déficit de la Sécurité Sociale et le coût des maladies liées à l’espérance de vie croissante obsèdent à juste titre nos élus, qu’ils soient métropolitains ou villageois. On constate ainsi que le mot « espérance de vie », très lumineux à première vue, projette cependant une angoissante part d’ombre. Autrement dit, on n’en finit pas avec cette finitude qui « fait » l’humain.

Certes encore, une municipalité républicaine rechigne sans doute inconsciemment aux traditionnels « bons auspices », formule qui nous vient de l’Antiquité romaine pour exprimer la divination de l’avenir, principalement par le vol des oiseaux. Je comprends bien que l’on ne demande plus aux volatiles une réponse immédiate à nos questions existentielles.

Cependant, lever les yeux sur leurs ballets aériens nous encourage au coup d’aile libérateur et à la reconnaissance d’un horizon qui nous dépasse. Il serait dommage de réduire les problèmes humains à leur surface, leurs chiffres ou leur technicité, sans tenir compte de leur hauteur et de leur profondeur. Dans notre marais les représentants du peuple pourraient se mettre à bonne école auprès des « plongeons catmarins », capables de s’envoler directement du sol et de plonger à plus de huit mètres sous les eaux.

Chronique publiée dans le bulletin du MCR de Charente-Maritime, 4e trimestre 2010.