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L’ascendance taïfale de Silvania ou la révélation d’un mensonge généalogique
lundi 15 juin 2020

popularité : 53%

Le balancier de mon humeur, Bessus ami, me fait osciller intérieurement de la curiosité enthousiaste au doute paralysant, ou pour le dire à la façon de notre bouillant Jérôme, je tiens le loup par les oreilles et je ne sais ni de quelle façon le lâcher ni comment le retenir [1]. Mon loup est l’aveu que me fit hier le père de mon épouse.

Sentant sa mort prochaine, il m’avait convoqué sub secreto, souhaitant libérer sa conscience d’un « mensonge généalogique », ce sont ses mots, transmis de génération en génération aux membres de sa famille depuis deux siècles : « C’est pourquoi ma fille a toujours affirmé , comme tu le sais, que son quadrisaïeul paternel, chrétien vivant la sainteté ordinaire dans la voie du mariage, était le jeune frère de deux aînés, Romain et Lupicin, ermites à l’origine du monastère de Condat [2] que vous fréquentez régulièrement.

 

[1] Si Jérôme en effet utilise cette expression devenue proverbiale, Je tiens le loup par les oreilles (par exemple dans son Adversus Iohannem Hierosolymitanum), le premier commentateur en est Térence qui ajoute à la suite, comme l’avait en mémoire Bacchus : je ne sais ni de quelle façon le lâcher ni comment le retenir (Phormio, 506).

[2] Les lecteurs familiers de cette correspondance savent qu’au Ve siècle les ermites Lupicin et son frère Romain, les deux premiers « Pères du Jura » fondent le monastère de Condat , lequel au VIe siècle, prend un essor important avec le troisième « Père du Jura » Oyand ou Oyend, d’où au VIIe siècle la nouvelle appellation de « Saint Oyend-de-Joux ». En attendant le nouveau nom « Abbaye de Saint-Claude » vers le XIIIe siècle.