Cri de nuit au coeur de Pâques
vendredi 10 avril 2020
par Pascal G. DELAGE

Que tout serviteur fidèle entre avec allégresse dans la joie de son maître.

Que celui qui a porté le poids du jeûne reçoive maintenant le denier promis.

Que celui qui a travaillé dès la première heure reçoive à présent son juste salaire.

Quelqu’un est-il venu à la troisième heure ? Qu’il célèbre cette fête dans la reconnaissance.

Que celui qui est arrivé seulement à la sixième heure soit sans crainte, il ne sera pas frustré ! S’il en est un qui a remis jusqu’à la neuvième qu’il approche sans hésitation.

Et même s’il en est un qui a traîné jusqu’à la onzième heure qu’il n’ait pas peur d’être en retard !

Car le Seigneur est généreux et il reçoit le dernier aussi bien que le premier : il admet au repos celui qui vient à la onzième heure comme le travailleur de la première. Au dernier il fait grâce et il comble le premier.

À celui-ci il donne, à l’autre il fait miséricorde, Il reçoit le travail et il accueille avec amour la bonne volonté.

Il honore l’action mais il connait la vérité de l’intention. Ainsi donc, entrez tous dans la joie de votre Seigneur.

Et les premiers et les seconds, soyez comblés. Riches et pauvres, communiez ensemble dans la joie.

Avez-vous été généreux ou paresseux ? Célébrez ce jour !

Vous qui avez jeûné et vous qui ne l’avez pas fait, réjouissez-vous aujourd’hui ! La table est chargée, goûtez -en tous sans l’ombre d’une réticence.

Le veau gras a été préparé : que personne ne reste sur sa faim ! Venez tous goûter au banquet de la foi !

Venez tous puiser aux richesses de la miséricorde. Que personne ne gémisse sur sa pauvreté car, à tous, le Royaume est ouvert.

Que personne ne s’afflige sur ses péchés car le pardon a jailli du tombeau. Que personne ne craigne la mort : la mort du Sauveur nous a délivrés.

Oui ! Il l’a écrasée au moment même où elle l’enchaînait. Il a dépouillé l’Enfer Celui qui est descendu dans nos enfers ! Il l’a jeté dans l’effroi pour avoir touché à sa chair.

Cela, Isaïe l’avait prédit : « l’Enfer dans ses profondeurs frémit à ton approche » (Is 14,9).

Il a été frappé d’effroi parce qu’il a été réduit à rien ; il a été frappé d’effroi parce qu’il a été joué.

Il a été frappé d’effroi parce qu’il a été mis à mort ; il a été frappé d’effroi parce qu’il a été anéanti.

Il avait saisi un corps et il s’est trouvé devant un Dieu ; il avait pris de la terre et il a rencontré le ciel ; il s’était emparé de ce qui était visible et il est tombé à cause de l’invisible.

« Mort où est ta victoire ? Où est-il, ô mort ton aiguillon ? » (1Co15,55).

Christ est ressuscité et te voici terrassée. Christ est ressuscité et le prince de ce monde a été jeté dehors.

Christ est ressuscité et les anges sont dans l’allégresse. Christ est ressuscité et voici que la vie déploie son règne.

Christ est ressuscité et il n’y a plus personne dans les tombeaux. Oui, Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui sont endormis.

A Lui la gloire et la puissance dans les siècles des siècles.

Amen !

Saint Jean Chrysostome

Saint-Sauveur in Chora