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samedi 20 mai 2017
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COLLOQUES A VENIR

LES PSAUMES DE DAVID.

Colloque GRAPHE organisé par Jean-Marc Vercruysse avec le soutien d’ARRAS UNIVERSITÉ

lieu : Arras – bâtiment K · amphithéâtre ‘Jacques-Sys’

Dates : jeudi 23 et vendredi 24 mars 2017

Pour en savoir plus, cliquer ici

 
Brèves
VIENT DE PARAITRE
mercredi 1er février

Sylvain DESTEPHEN

LE VOYAGE IMPÉRIAL DANS ANTIQUITÉ TARDIVE : DES BALKANS AU PROCHE-ORIENT)

En 324, la fondation de Constantinople sur les rives du Bosphore modifie les voyages impériaux qui s’organisent désormais autour de la nouvelle capitale. D’abord considérée comme un point de départ ou de passage, Constantinople se transforme en lieu de pouvoir. La reconstitution des itinéraires permet de saisir l’évolution de l’Empire romain dans sa moitié orientale du IVe au Ve siècle, l’État et la cour avançant d’un même pas. Suivi de sa famille et de ses familiers, escorté par les hauts fonctionnaires et les officiers supérieurs, l’empereur se déplace sans cesse. La présence de parents et de courtisans, d’officiels et de soldats, montre que les voyages impériaux possèdent une dimension privée et publique autant que civile et militaire. L’ampleur de la suite et de l’escorte exige de vastes réquisitions pour fournir gîte et couvert, véhicules et attelages. Le système de cour, porté à sa perfection sous la dynastie théodosienne (379-450), circonscrit ensuite les voyages aux environs de Constantinople, devenue le cadre unique du faste impérial

Éditeur : Boccard

ISBN : 978-2-7018-0493-4

 
samedi 15 avril 2017
L’appel au secours de Silvania : Bacchus tenté par l’enkratéia 
.

Le dévoilement eut lieu lundi dernier, mais pour moi ce fut plutôt comme s’il jetait un voile intégral sur notre union : « Désormais nous vivrons, toujours sous le même toit, mais dans la continence définitive. Telle est notre nouvelle vocation : ascètes à domicile ». Le temps de me dire intérieurement, en le déplorant, que « notre » nouvelle vocation relevait de sa seule décision, il s’était déjà enfermé dans sa bibliothèque.

Alors que, résolue à l’interroger, je m’apprêtais à forcer sa porte, un petit codex posé sur un tabouret attira d’autant plus mon attention qu’il mentionnait mon nom sur la page de couverture : « Pour Silvania, mon épouse. Tolle, lege, tolle, lege ». Cette injonction tirée des Confessions d’Augustin [1] me rassura quelque peu mais, à l’inverse de ce dernier bouleversé positivement par l’Epître aux Romains, je déchantai rapidement après avoir pris et lu le florilège d’auteurs réunis par mon époux. Leur point commun est de recommander pour les vrais chrétiens l’enkrateia [2], qu’ils soient mariés ou célibataires. Selon Tatien, seul le fait de s’abstenir du mariage permet l’union avec Dieu, toute autre conduite signifie communion avec le diable, dans l’incontinence et la fornication. Quelques lignes d’une homélie d’Eusèbe d’Emèse m’ont marquée comme au fer rouge : Si le mariage n’existait point, il n’y aurait pas de vierges. Concédons donc que le mariage soit une bonne fontaine, lorsqu’il est la source de bons ruisseaux. Les femmes qui se marient honnêtement, acceptons de les considérer comme des femmes honnêtes, quand elles enfantent des vierges [3]. Jérôme, dans une veine identique mais plus laconique m’a tout autant ravagée : Je loue les noces, je loue le mariage, mais parce qu’ils m’engendrent des vierges [4]. N’ayant plus l’âge de mettre au monde qui que ce soit, ma condamnation est donc sans appel. Elle est même redoublée par un autre auteur, Sévère (je goûte amèrement la cohérence de son nom avec ses prises de position) puisque, selon lui, le sperme du diable-serpent a produit la vigne, les organes sexuels et la femme. Vais-je devoir dire aussi adieu à notre cave ?

Mon époux ne serait-il pas sous l’influence de ces rigoristes syriens que l’on appelle « apotactites [5] » ? Il me revient maintenant que les moines melkites venus récemment d’Antioche au monastère de Saint Oyend [6] ne sont pas tous repartis. L’un d’eux est resté, il s’est installé en ermite dans une forêt proche, et mon époux le visite régulièrement, regrettant que l’abbé de Saint Oyend ait refusé de l’accueillir sur les terres de l’abbaye. Je vais tout faire pour en connaître les raisons.

Vos conseils seront les bienvenus, car je sais que votre couple ne cesse de vivre dans la lumière du Cantique des Cantiques. A ce sujet, celui que je continue, en dépit de tout, d’appeler mon « bien-aimé » dans le secret de mon cœur, m’a asséné un dernier coup : il voudrait que ce poème d’amour soit retiré du canon des Ecritures pour outrage aux bonnes mœurs spirituelles. Où s’arrêtera l’intempérance de sa tempérance ?

Fasse le Créateur très bon qu’à force de crier ma plainte, ma peau ne colle pas à mes os, que je ne ressemble pas au corbeau du désert, que je ne devienne pas semblable à la hulotte des ruines [7].

Silvania

 

[1] Confessions, VIII, 29.

[2] e mot signifie « continence ». On désigna par « encratisme » une forme d’ascétisme extrême refusant le mariage et la nourriture carnée, qui a rapidement semblé suspecte dans l’Eglise ancienne, du fait qu’elle impliquait le rejet des biens créés par Dieu à l’usage et au service des hommes (cf. article Encratisme dans le DECA, tome 1, éd. du Cerf).

[3] Il serait intéressant de savoir si cet extrait fait partie de l’un des 17 Sermons d’Eusèbe d’Emèse conservés en latin dans le manuscrit 523 de la B.M. de Troyes, ou de l’un des 12 conservés également en latin dans la Collection sirmondienne.

[4] Cette phrase bien connue fait partie de la Lettre 22, 20 de Jérôme.

[5] Le mot « apotactite » a deux sens principaux chez les Pères : celui d’ascète et celui d’hérétique encratite. Silvania fait preuve d’un bon discernement.

[6] Voir lettre précédente de Bacchus : La « Divine Liturgie » de Jean Chrysostome au monastère de Saint Oyend ?

[7] Reprise, mais ici sous la forme négative, des versets 6 et 7 du psaume 101.

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Cyrille d’Alexandrie, Contre Julien, tome Il, livres III-V. Introduction et annotation par Marie-Odile Boulnois, texte grec établi par C. Riedweg (GCS NF 20), traduction par J. Bouffartigue (†), M.-O. Boulnois et P. Castan, « Sources chrétiennes » n° 582, Paris, Cerf, 2016, 663 p.

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